En cette journée de la terre (cf note Joël), j'ai retrouvé dans un livre admirable "Contes et légendes de Madagascar" de Rabearison - Juillet 1964 une histoire formidable.
Il faut savoir que beaucoup de contes malgaches parlent de la parenté du ciel et de la terre, qui sont souvent personnifiés.
Sentez l'odeur de la terre après la pluie et regarder le ciel puis lisez cette histoire ...
LE CIEL ET LA TERRE
«Pas de blague», m'a dit un vieux paysan : un jour, ils finiront par recommencer à se disputer, et je ne sais plus ce qui va nous arriver. J'aime la terre, continua-t-il, mes ancêtres «Razako» y sont. J'aime le ciel, car mes Dieux «Zanahariky» y sont. Je ne souhaite pas que la bataille recommence ; or elle va reprendre. Pas de blague, ça va arriver».
Et tout en larmes, le vieux paysan s'expliqua :
Autrefois, au commencement du monde, la terre et le ciel, qui sont parents, vivaient en très bonne intelligence. La terre est susceptible et le ciel est chatouilleux. Vint la dispute, et le ciel s'éloigna de la terre.
Celle-ci, furieuse, redoubla de replis pour l'atteindre : ainsi se formèrent les montagnes.
Le ciel riposta par des orages, ses balles ; par le tonnerre, son canon ; par le vent, le souffle de ses soldats.
La terre forma des volcans qui sont ses frondes. La lune intervint par ses larmes, le soleil par ses yeux rouges, la mer par ses vagues, le fleuve par ses torrents ; et, curiosité jusque là inconnue, le caméléon intercéda en faveur de la terre, par ses roulements d'yeux.
La bataille cessa, mais la colère persista des deux côtés. C'est ainsi que le ciel reste encore là-haut, et que la terre demeure ici-bas. On dit que déjà depuis mille ans, la terre n'a pas été invitée par son frère le soleil, et que depuis mille ans, le ciel n'a plus parlé à sa soeur, la terre.
Et le pauvre paysan termina son récit : «Quand deux hommes ne se donnent plus à boire et à manger, c'est signe qu'ils couvent une haine farouche et qu'ils finiront toujours par s'entretuer».
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